Ce site a une histoire

Le site Fransylva-paca.fr que j’ai créé en 2014 a vécu et bien vécu, mais il n’a pas envie de mourir. Il devient aujourd’hui un site de mémoire.

Tout d’abord :

  • Il n’appartient pas à Fransylva car je suis propriétaire du nom de domaine et des droits moraux et patrimoniaux de l’essentiel de son contenu.
  • Il est néanmoins légitime qu’il conserve son nom de domaine, ne serait-ce que parce que ses pages sont référencées par de nombreux moteurs de recherche et qu’il constitue désormais une mémoire documentaire d’une richesse incontestable.

Ce site a une histoire, et même une préhistoire.

Titi Parisien de naissance, né en juillet 1944, polytechnicien par hasard, pionnier autodidacte des technologies informatiques dans les années 60, voyant venir la fin de ma carrière de dirigeant de grandes entreprises privées internationales, j’ai découvert mes racines rurales en 1999 en acquérant un domaine forestier d’une soixantaine d’hectares dans le massif des Maures et j’ai rapidement troqué mes cravates pour des chemises hawaïennes et ma voiture de fonction pour une pelle hydraulique avec laquelle je me suis mis à m’occuper moi-même de mon nouveau terrain de jeu.

En 2007, activée par une jalousie de voisinage, la DDE du Var, devenue depuis la DDTM, m’a signifié oralement et par écrit, à l’aide d’un « procès-verbal », que je ne pouvais pas redessiner librement les pistes de ma colline privée boisée étiquetée « EBC ».

C’est alors que Michel Dard, vice-président du Syndicat des propriétaires forestiers sylviculteurs du Var, avec qui j’étais en relation amicale dans le cadre du projet de Ligne à Grande Vitesse Marseille-Nice, m’a ouvert les yeux et m’a expliqué qu’à Marseille et dans le Var un PSG n’était pas une équipe de football.

Syndicaliste historique, actif et convaincu, Michel a rédigé un courrier de défense auquel la signature de Louis Valentin, président du syndicat qu’il avait porté sur les fonts baptismaux dans les années 80, a apporté un poids moral non négligeable lorsque l’affaire est arrivée, en 2012, devant le magistrat suprême du Tribunal Administratif de Toulon qui a prononcé l’acquittement en moins de trois minutes.

Recruteur de talent et de talents, Michel Dard m’a suggéré d’assister à l’Assemblée Générale du Syndicat, tenue à Ramatuelle au printemps 2008. Là, sans me prévenir, il m’a fait coopter par vote à main levée comme administrateur du syndicat, alors que je n’étais même pas adhérent !

Pris au dépourvu, que vouliez-vous que je fis ?

J’ai adhéré, versé ma première cotisation et participé à mon premier conseil d’administration.

L’année suivante, lors de l’Assemblée Générale qui s’est tenue le 15 mai 2009 au Luc-en-Provence, Louis Valentin, qui m’avait sollicité pour que je raconte mes « Mémoires d’un jeune forestier syndiqué », a jugé que je devais être un bon communiquant et m’a confié la mission de développer la communication du Syndicat avec comme objectif secondaire d’attirer de nouveaux adhérents.

En 2010, j’ai conçu et réalisé une plaquette destinée à la campagne de recrutement que j’ai lancée en profitant d’un accès public au fichier des adresses des propriétaires forestiers du Var géré par le CRPF, accès qui nous a été refusé depuis. Un an plus tard, à l’issue de cette campagne, le nombre d’adhérents était passé de 600 à plus de 900.

La suite est un parcours en ligne (droite) à grande vitesse :

  • 2010 : Conseiller suppléant de Michel Dard au Centre Régional de la Propriété Forestière (CRPF PACA),
  • 2012 : Président du Syndicat des Propriétaires Forestiers Sylviculteurs du Var (devenu Fransylva 83), succédant à Louis Valentin,
  • 2014 : Président de l’Union Régionale des Syndicats de Forestiers Privés (devenue Fransylva PACA),
  • 2015 : Fondateur et vice-président de l’interprofession régionale de la filière Forêt-Bois (devenue Fibois Sud),
  • 2017 : Conseiller titulaire et vice-président du CRPF PACA
  • 2021 : Vice-président de PEFC PACA, dont j’étais administrateur depuis 6 ans.

Propriétaire de domaines pas toujours forestiers

Début 2015, la Fédération nationale des syndicats de propriétaires forestiers privés a décidé de créer la marque commerciale et son nouveau  logo « Fransylva » pour renforcer son image et mieux se différencier  de ses partenaires historiques, l’Union de la Coopération Forestière (regroupant les coopératives forestières) et le Centre national de la propriété forestière (CNPF, organisme d’État au service des forestiers privé), tous copropriétaires du même logo « Forêt Privée Française ».

Désireux de développer notre communication sur Internet, j’ai réservé le nom de domaine Fransylva-paca.fr, à mes frais et à titre personnel (pour information, je suis tombé dans la marmite de l’informatique interactive personnelle dans les années 60 quand j’étais ingénieur programmeur à l’Institut Européen de Calcul Scientifique d’IBM et j’avais développé depuis 1998 plusieurs sites web pour les entreprises dont j’étais dirigeant, notamment en charge de la communication).

Je me suis également aperçu que notre Fédération avait omis de réserver le moindre domaine au nom de Fransylva. Par précaution, j’ai également acheté le nom Fransyva.fr dans les mêmes conditions et j’en suis devenu le propriétaire.

J’ai pris alors plaisir à informer mes amis Antoine d’Amécourt et Luc Bouvarel, respectivement président et directeur général de Fransylva que je venais de découvrir que le domaine Fransylva.fr n’était pas disponible, ce qui, vous pouvez l’imaginer, les a plongé dans une stupeur silencieuse dramatiquement théâtrale.

Je leur avais annoncé cela comme on lâche une petite bombe à fragmentation : calmement, presque innocemment. Persuadés d’avoir mal entendu, Antoine s’est figé. Les moustaches de Luc se sont redressées jusqu’aux oreilles. On aurait dit deux capitaines découvrant que leur navire flottait sous pavillon étranger.

Je dois avouer que j’ai savouré ce moment. Puis, pour mettre fin à leur sidération, je leur ai expliqué que j’avais peut-être un moyen, s’ils y mettaient le prix, pour que la Fédération puisse racheter ce nom de domaine.  Quand ils m’ont demandé : « Combien ? », j’ai pris mon temps pour leur répondre avec un clin d’œil élégant : « Rien, je vous en fais cadeau. »

Tout fut bien qui a fini bien puisqu’aujourd’hui, la Fédération, les Unions Régionales et les Syndicats départementaux sont tous hébergés grâce au splendide portail que la Fédération a fini par développer et mettre à disposition de tous, qu’ils soient adhérents de syndicats, administrateurs, simples propriétaires forestiers non encore adhérents ou simplement intéressés par la forêt.

Il suffit de cliquer sur « www.fransylva.fr ». Merci Frédéric.

Histoire du site Fransylva-paca.fr

Je me suis mis immédiatement à l’ouvrage, non pas à mes moments perdus, parce que je n’en avais pas. Toutes mes minutes de retraité étaient consacrées à ma nouvelle passion forestière et c’est bénévolement que j’ai conçu et réalisé l’architecture du site fransylva-paca.fr, que je l’ai fait héberger à mes frais chez OVH, et que j’ai commencé à en rédiger et illustrer les premières pages qui, rapidement se sont comptées par dizaines de dizaines.

J’ai la chance d’être tombé dans la marmite dès mon plus jeune âge. Ma mère, secrétaire, m’a laissé apprendre à taper sur les touches de ses machines à écrire quand j’ai eu 4 ans, d’abord avec plusieurs doigts quand je ne savais pas écrire, puis avec un seul quand j’ai appris l’alphabet et qu’il m’a fallu chercher la bonne touche qui n’était même pas dans l’ordre, puis avec deux et parfois quatre quand j’ai commencé à taper mes rédactions. Les maîtres m’ont dit que c’était impoli mais que c’était lisible. Moi je leur ai dit que je ne faisais pas de fautes d’orthographe, mais seulement des fautres de frappe.

Plus tard, j’ai pris goût à l’écriture, puis à la mise en page (chez Poclain, dont j’étais directeur des systèmes d’information, je dirigeais aussi l’imprimerie qui produisait des brochures techniques et commerciales). Vendre, communiquer, faire des conférences, dans un monde technique, financier et concurrentiel, ont vite fait partie de mon quotidien professionnel et, l’expérience aidant, j’ai amélioré vitesse et qualité de production. Apprendre et restituer sont devenus ma devise. C’est probablement pour cela que, sans m’en rendre compte, j’ai pondu autant de matière qui s’est entassée dans les pages que Google s’est cru obligé de référencer et qu’il délivre souvent en priorité alors que ce site n’est plus celui de Fransylva.

On n’euthanasie pas la mémoire

En 2020, j’ai décidé de passer la main et Christian Mercier m’a succédé à la présidence de Fransylva 83. En 2021, pour des raisons personnelles, mon épouse m’a convaincu que je devais substituer aux nombreux escaliers de notre bastide provençale une maison de plain-pied, que je n’aurai plus bientôt l’âge de m’occuper seul de ma forêt, qu’aucun de nos enfants ne pourrait m’y succéder et que s’il m’arrivait quelque chose (je me demande bien à quoi elle pensait) elle ne saurait pas la valoriser aussi bien que je pouvais le faire aujourd’hui.

Je ne pouvais pas refuser longtemps d’obtempérer aux ordres de ma gendarme préférée. J’ai trouvé la villa idéale, troqué ma tronçonneuse pour un sécateur et j’ai vendu ma propriété forestière. Je n’étais plus propriétaire forestier et j’ai donc été conduit à me dessaisir de mes mandats, dont celui de président de Fransylva PACA.

J’ai cependant continué à en faire vivre le site, et participé, avec la fédération à l’élaboration de son site national. Aujourd’hui, celui-ci est totalement opérationnel et le mien, qui devient de plus en plus obsolète et figé n’a plus lieu d’être.

L’expérience montre cependant qu’il continue à être consulté (plus de 4000 accès par mois), ne serait-ce que parce que Google a indexé les mots-clés de mes pages, mais aussi parce qu’il contient des centaines de pages qui ne figurent pas dans le nouveau site et qui n’y figureront sans doute jamais.

Cette indexation, qui est une valeur mémorielle incontestable, impose de ne pas changer le nom de domaine. Les droits moraux et patrimoniaux de son contenu, comme je viens de l’expliquer, m’appartiennent et je me sens le goût et le devoir de continuer à maintenir, voire à enrichir, son contenu tant que je le pourrai et tant que j’estimerai que ça a un sens et une utilité.

En revanche, il me faut supprimer tout ce qui est obsolète ou qui peut créer une confusion regrettable avec le site officiel de Fransylva. C’est un gros travail que je suis en train d’entreprendre, en parallèle avec mes nouvelles activités actuelles de retraité du troisième type. Après ma retraite professionnelle et ma retraite de bénévole, je jouis maintenant de ma retraite d’individu enfin libre.

Amicalement

Frédéric-Georges Roux
Solliès-Pont, 23 juillet 2026