FdF-510c Lettre du 5 décembre 2016 au préfet de la région PACA

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Lettre au préfet de la région PACA
(5 décembre 2016), suite aux quatre grands feux de l’été

Suite aux grands incendies dont notre département a été victime cet été, je vous avais écrit le 11 septembre 2016 pour vous faire part de notre inquiétude et vous présenter quelques-unes de nos réflexions.

En réponse à ce courrier, nous avons été reçu par Monsieur le Directeur de la DDTM et ses collaborateurs.

Depuis nous savons que de nombreuses réunions ont été tenues dont certaines sous votre présidence.

Nous regrettons vivement que jamais la forêt privée n’ai été représentée dans ces réunions.

Nous avions cet hiver passé une demi-journée en votre compagnie dans nos collines aixoises et vous nous aviez convaincu de tout l’intérêt que vous portiez à nos territoires dont plus de 70% sont gérés par des forestiers privés.

Dans les mois qui ont suivi ces évènements dramatiques, nous aurions souhaité que nos instances représentatives soit consultées avant que vous même et vos services ne prennent des décisions afin de limiter le risque auquel nos concitoyens seront de plus en plus exposés.

Rappelons que ce risque n’est pas un risque naturel comparable aux tempêtes ou aux séismes. C’est un risque totalement produit par la main de l’homme… à l’exception de quelques impacts bien rares de la foudre.

Nous insistions dans notre précèdent courrier sur « les différents leviers sur lesquels il nous semble capital d’agir au plus tôt et qui ne sont pas toujours clairement affichés dans les réunions auxquelles nous avons l’habitude d’être invités ».

Force est de constater qu’aujourd’hui nous ne sommes mêmes plus invités !!!!

Nous avons alerté par un courrier similaire tous les parlementaires de notre département car nous estimons que beaucoup de solutions pourraient être réglées dans un contexte législatif et notamment pour tout ce qui concerne l’aménagement du territoire au sens large (code de l’urbanisme, code de l’environnement, code forestier).

Bien peu d’entre eux ont répondu à notre appel, un seul a posé deux questions écrites au gouvernement dont on attend toujours les réponses.

Siégeant à la CDPENAF, je mesure tout le travail qui reste à faire pour que les élus de nos communes et les rédacteurs de leurs PLU comprennent cet enjeu d’aménagement du territoire.

Et pourtant nous savons tous qu’il s’agit d’un enjeu national et que le changement climatique aidant, ce que nous venons de vivre et ce que nous vivrons demain, n’est qu’une préfiguration de ce qui se passera dans les départements plus au nord de l’arc méditerranéen dans les prochaines décennies.

Un enjeu dont le coût global pour notre société n’a jamais été évalué : au-delà des frais de l’intervention et des coûts de reconstruction des bâtiments et des équipements détruits, quels sont les impacts sur les populations concernées ? Quels sont les vrais coûts de remise en état et de reconstitution de l’espace naturel ? Quelles sont les conséquences sur les services écosystémiques rendus par la forêt, sur le bilan carbone du CO2 dégagé dans l’atmosphère ?

Nous restons, Monsieur le Préfet, à votre disposition pour en parler de vive voix et nous espérons pouvoir faire partager notre expertise et participer ainsi à la sauvegarde de notre patrimoine naturel.

Gérard Gautier

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