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En 2010, le Cemagref [1] a publié un guide méthodologique et développé un modèle informatique pour cartographier le risque lié aux incendies de forêts en fonction de la densité des habitations (« enjeux vulnérables ») et de la structure de la végétation.
En effet, s’il n’y a pas de vulnérabilité [2], il n’y a pas d’enjeu à protéger la zone, ce qui explique la politique de laisser-brûler qu’on observe parfois dans les grands feux américains ou canadiens lorsqu’ils touchent de vastes zones dépeuplées.
Les recherches ont montré que le risque dans les zones d’interface habitat-forêt dépend de la densité du bâti et de l’agrégation horizontale de la végétation.

Plus la végétation est resserrée et plus l’habitat est dense, plus le risque est élevé, d’où l’obligation légale de débroussaillage (OLD) et les recommandations de choix de végétation ornementale par les collectivités et les riverains afin d’enrayer la propagation horizontale des incendies.
La méthode consiste à positionner sur un fond de carte (photo aérienne, plan IGN…) des cercles dont la couleur correspond à un type d’interface habitat-forêt suivant une matrice 4×3 :
- 4 structures d’habitat : isolé, diffus, groupé dense et groupé très dense,
- 3 structures d’agrégation de la végétation : nulle, faible et forte.

Cartographier les interfaces habitat-forêt constitue un des éléments clés de l’évaluation du risque incendie. C’est un moyen de localiser et d’inventorier les enjeux primordiaux que sont les habitations résidentielles à protéger en cas d’incendie du fait de la présence de populations et de biens.
C’est une aide pour la lutte à travers la connaissance de l’organisation spatiale des habitations et de leur situation. C’est également un outil pour localiser les populations qui vivent dans ces interfaces et pour lesquelles il est important de donner une information ciblée sur le risque d’incendie pour en améliorer la prévention, d’autant plus que ces risques ne cessent d’évoluer avec l’urbanisation galopante comme en témoignent les deux cartes ci-dessous (Meyreuil, Bouches-du-Rhône).

[1] Centre d’Étude du Machinisme Agricole et du Génie Rural des Eaux et Forêts devenu IRSTEA (Institut national de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture).
[2] N’oublions pas que là où il y a des habitations et donc des humains, il peut y avoir des départs de feux qui se propagent vers la forêt qui est, elle aussi, vulnérable et est donc aussi un enjeu.