FdF-422b Interfaces constructions-forêt et coupures agricoles

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Quand la forêt brûle et que l’incendie se propage, le feu menace d’abord la végétation et les arbres qui l’entourent jusqu’à ce qu’il soit arrêté, que ce soit par les pompiers, par la pluie ou par manque de combustible. Tant qu’il n’est pas arrêté, il continue à se propager et finit par atteindre une lisière et menacer des parcelles proches et les constructions qui s’y trouvent, s’il y en a.

Symétriquement, si un feu se déclare aux abords d’une construction proche d’une forêt, c’est alors la forêt qui est menacée d’incendie.

Il est donc important de limiter les risques de propagation d’un feu entre ces deux types d’occupation des sols en les séparant par un « no-pyroman’s land » présentant une bonne « rupture de combustible ».

La première idée qui vient à l’esprit est de construire (une villa, un entrepôt, une usine, un parc photovoltaïque…) à une distance suffisamment éloignée de la forêt avec le minimum de végétation susceptible de brûler entre les deux.

C’est ce que faisaient nos grands anciens : les habitations étaient concentrées dans le village ou dans une grande ferme isolée, entourées des vastes surfaces peu combustibles destinées à l’agriculture et à l’élevage, qu’ils avaient gagnées sur la forêt qui, à l’époque, couvrait presque la totalité du royaume.

Les maisons des villes brûlaient, y compris lors des guerres et des pillages, mais ne mettaient pas le feu aux forêts et quand les forêts brûlaient, c’était en général volontaire pour accroître les champs et les pâtures et ni les fermes ni les villages n’en souffraient.

Il y avait bien les « habitants de la forêt », les forestiers (sans parler des sorcières ni des brigands), qui maîtrisaient les feux qu’ils allumaient dans leurs clairières sans prendre de risques inconsidérés.

« Chacun [brûlait] chez soi et les vaches étaient bien gardées ».

La bonne réponse pour meubler les interfaces constructions-forêt est sans nul doute ce qu’il convient d’appeler les « coupures agricoles ».

Oui mais voilà, l’occupation des sols n’est pas statique. Elle est même particulièrement dynamique.

La déprise agricole a laissé des friches que les essences pionnières ont rapidement colonisées. La forêt s’est rapprochée des villages et les friches abandonnées par les paysans se sont naturellement recouvertes d’une végétation qui sèche en été et qui ne demande qu’à propager le feu dans un sens ou dans l’autre.

Les paysans indigènes ont fait des petits, les retraités des villes sont plus nombreux et veulent finir leurs vieux jours à la campagne, les urbains actifs désertent les banlieues… il faut bien loger tout ce gentil monde, qui souhaite des salons plus grands, des cuisines plus grandes, plus de chambres pour les amis, une piscine et son pool house, un carport pour toutes les voitures du foyer, une pelouse à tondre… et vivre en pleine nature, en bordure des arbres qu’ils considèrent comme un bien commun. Les édiles n’ont eu d’autre choix que de grignoter les ZA pour en faire des ZAU en attendant de les transformer en ZU et ce sont les villages qui se sont rapprochés des forêts.

Les « coupures agricoles » d’antan se sont ainsi retrouvées entre le marteau et l’enclume : mangées d’un côté par les cônes et les glands qui se « sèment à tout vent » et de l’autre par les lotissements qui s’étendent et viennent lécher les bois.

S’il était besoin de démontrer l’intérêt d’une coupure agricole, il suffirait de comparer la carte des zones parcourues par le feu de 2017 à La Croix-Valmer établie par la DFCI avec la photo aérienne prise trois ans après, le 15 juin 2020, et de constater que ce sont les parcelles cultivées qui n’ont pas brûlé.

Quant au point identifié comme étant celui du départ du feu, on est contraint de constater qu’il n’est pas vraiment en forêt.

 

Bien que la cause de ce feu soit « inconnue », on a tout lieu de subodorer qu’il est parti d’une zone quelque peu « urbanisée ».

 

 

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