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Sans remonter au temps des chasseurs-cueilleurs, il était un temps, pas si lointain, où les villes n’étaient pas encore à la campagne et où les villages ruraux étaient entourés de champs labourés et de pâturages.
Au loin, il y avait les bois, les forêts, inquiétantes et pleines de dangers, de brigands et de sorcières, où seuls les bûcherons osaient s’aventurer et même y résider avec leur famille le temps d’une saison.

La fuite hors des villes et des banlieues, l’émigration des « rurbains » vers la nature, la déprise agricole, l’expansion des forêts… conduisent à un accroissement des « contacts » entre urbanisation et espaces naturels et, avec eux, à un risque aggravé de départs de feux, en nombre et en conséquences.
En dépit de son épaisseur et de sa complexité, le Code de l’urbanisme [1] ne s’est guère préoccupé de ces interfaces. Son objectif est de permettre aux collectivités publiques de viser principalement :
- une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières,
- la prévention des risques naturels prévisibles,
- la protection des milieux naturels et des paysages, la préservation de la qualité de l’air, de l’eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces verts, la création, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques.
C’est au travers « d’outils » tels que les schémas de cohérence territoriale (SCoT) et surtout les plans locaux d’urbanisme (PLU), pour ne citer que les plus connus, que sont définies les zones ZU réservées à l’urbanisation au sens large (habitation, activités commerciales, artisanales, industrielles, loisirs…) et ZA réservées aux activités agricoles, le reste, qui n’est ni ZU ni ZA, étant globalement classé ZN , zones naturelles, sans distinction de leur état boisé, rocailleux ou désertique.
La démographie, le prix des terrains et des logements, la recherche de calme, d’espace et de nature aidant, les ZU s’étendent, grignotent les ZA et se rapprochent dangereusement des ZN jusqu’à les tangenter, voire les « miter », quand ce n’est pas le « monde à l’envers » où la forêt sert d’interface entre les maisons et les champs.

Les champs et les prairies qui séparaient les maisons des bois disparaissent de plus en plus et laissent la place à des franges urbaines où se mêlent végétation et habitat (isolé, diffus, faiblement groupé ou dense) qu’on désigne par « interface habitat-forêt ».
C’est dans ces espaces que se produit le plus grand nombre de feux et que l’on enregistre les dommages les plus importants.
Note de mise en page web : la suite de cette section « Aménager le territoire » est découpée en 5 pages qu’il est suggéré de parcourir en totalité et dans l’ordre en suivant le bouton « Continuer la lecture » :
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- Modélisation des risques « habitat-forêt » (FdF-422a).
- Interfaces constructions-forêt et coupures agricoles (FdF-422b).
- Reconquête agricole (FdF-422c).
- Avantages et limites du sylvopastoralisme (FdF-422d).
- Urbanisme et aménagement du territoire (FdF-422e).
Le feu est par nature chaotique. Il existe différents modèles de propagation, mais ils sont souvent plus efficaces a posteriori qu’a priori. Alors, plutôt que de prédire la propagation des feux avant qu’ils ne se soient déclenchés, n’est-il pas préférable de chercher à modéliser les risques pour pouvoir définir à l’avance les zones les plus à risques ?
[1] Qu’il ne faut pas confondre avec le Code de la construction et de l’habitation qui regroupe des dispositions techniques, dont la sécurité incendie (DECI).![]()