FdF-200 Les feux de forêts en France

© 2022-2026 Frédéric-Georges Roux — Cette page fait partie de l’ouvrage « Et si nos forêts ne brûlaient plus ? » — Copyright et conditions d’utilisation

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Pompiers français et hélicoptère bombardier d'eau en action

Pompiers français et hélicoptère bombardier d’eau en action

Note de lecture : Cette deuxième partie de l’ouvrage consacrée aux incendies de forêts en France métropolitaine est particulièrement dense (plus de 90 pages du livre imprimé). Elle fait l’objet de nombreuses pages web qu’il est recommandé de lire dans leur ordre naturel et qui sont regroupées en quatre grandes sections :

Les forêts ont toujours brûlé depuis la nuit des temps

Il y a sans aucun doute toujours eu des incendies de végétation, en France comme ailleurs, bien avant que le feu ne soit découvert puis domestiqué par l’Homme.

Dater cette découverte n’est pas chose aisée.

Homo Sapiens allumant un feuOn a longtemps pensé qu’il était apparu avec l’Homo erectus il y a environ 500 000 ans et que son usage s’est développé avec l’homo sapiens.

Des recherches récentes en Afrique ont mis en évidence des traces d’utilisation bien plus anciennes, mais les circonstances de cette découverte restent difficiles à déterminer.

A-t-il été récupéré d’un incendie naturel (foudre ou volcan) ou est-il le résultat de friction de matériaux ?

La question reste sans réponse, mais peu importe pour notre sujet, les feux de forêts en France et quoi faire pour en réduire le nombre et l’impact, surtout si le climat y met du sien.

Le mot « forêt » venant sans doute du latin « foris » qui veut dire « hors de », la forêt était ce qui est « en dehors de l’humanité ».

Peuplée de brigands et de sorcières, la sylve est sauvage « silvaticus » et inutile : pendant longtemps la surface boisée était estimée par simple différence entre la surface totale du territoire et celle de la partie cultivée et il était indispensable de gagner des terres cultivables en déforestant, notamment par écobuage.

Les livres d’Histoire n’ont guère conservé la mémoire des incendies de forêts. Une recherche sur Google faite avant l’incendie de Notre-Dame qui n’a pas fait de victimes, m’a conduit à la page intitulée « Chronologie des grands incendies de l’histoire française [1] » qui n’en cite qu’un seul, celui de 1949 dans les Landes de Gascogne, preuve si l’en est que les forêts qui ont brûlé n’intéressent guère les historiens [2].

« Depuis la nuit des temps et la découverte du feu, l’homme a été confronté à de nombreux incendies, ils ont souvent ravagé des villes entières. Parfois il s’agit d’accidents, mais parfois ces incendies sont volontaires et vont causer de nombreux morts.

    • 65 : Incendie de Lugdunum.
    • 451 : Incendie de la ville de Metz par Attila.
    • 1120 : Feu dans l’abbaye de Vézelay qui finit par s’effondrer et causer la mort de plus de 1 100 personnes.
    • 1143 : Prise de Vitry-en-Perthois. Le roi Louis VII, en conflit avec le comte de Blois, ordonne d’y mettre le feu : plus de 1 300 personnes périssent.
    • 1463 : Grand incendie de Toulouse. En dix jours, environ 6 000 maisons brûlent. Leur reconstruction en briques est imposée d’où le nom de « ville rose ».
    • Décembre 1720 : 2/3 de Rennes partent en fumée à cause des stocks de bois prévus pour l’hiver. Environ 40% de la ville, 8 hectares, a été détruite.
    • 1770 : Feu d’artifice mortel sur la place Louis XV (place de la Concorde) pour le mariage de Louis XVI : 132 morts piétinés dans les rues sans lumières ou écrasés par des cochers qui forcent le passage.
    • 1810 : Incendie de l’ambassade d’Autriche à Paris. Au cours de la soirée en l’honneur du mariage de Napoléon et Marie Louise une bougie met le feu à une étoffe et les flammes se propagent rapidement au plafond. L’empereur a censuré la presse pour minimiser le nombre de victimes estimé à une dizaine. En 1811 un décret impérial crée la Brigade des sapeurs-pompiers parisiens.
    • 1871 [3]: Pendant la Commune de Paris les insurgés mettent le feu à de nombreux bâtiments historiques, la bibliothèque impériale, l’hôtel de Ville, le palais des Tuileries, le Palais de justice, une partie du Palais Royal…
    • 1887 : Incendie à l’Opéra-comique en pleine représentation dû à un défaut dans l’éclairage à gaz. 110 victimes.
    • 1890 : L’incendie de Fort de France ravage la quasi-intégralité de la cité coloniale. 1 500 villas sont réduites en cendres.
    • 1897 : Le feu prend au Bazar de la charité pendant le chargement d’un projecteur cinématographique fonctionnant à l’éther. L’évacuation de 1 200 personnes est totalement désordonnée. En seulement 15 minutes, le sinistre fera 121 morts (115 femmes et 6 hommes, pour la plupart des notables).
    • 1903 : Incendie à la station Couronnes. Un court-circuit provoque l’embrassement d’une rame de métro en bois. La rame est vide mais les gens sur le quai vont se retrouver la proie des flammes et des fumées. La rame suivante, bondée entre dans la station mais est bloquée par celle qui est en feu. Le chef du train ordonne l’évacuation. Celle-ci ne se fait pas rapidement, de nombreux passagers attendent une éventuelle reprise du trafic, d’autres exigent un remboursement. L’incendie provoque une extinction des lumières, ce qui déclenche une bousculade. On comptera 77 victimes asphyxiées.
    • 1914 : Incendie de la cathédrale de Reims par les Allemands.
    • 1938 : Incendie des Nouvelles Galeries à Marseille. 73 morts. Un décret-loi crée le Bataillon de marins-pompiers de Marseille.
    • 1947 : incendie dans le cinéma le Select. Les extincteurs ne fonctionnent pas, une lance incendie est présente mais elle est percée et se révèle être trop courte. Les spectateurs du second étage sautent dans le vide. 87 morts et de 70 blessés.
    • 1949 : Le grand incendie de la forêt des Landes.
    • 1966 : Explosion de la raffinerie de Feyzin. 18 morts et une centaine de blessés.
    • 1970 : Brasier de la discothèque « Le 5-7 ». 146 morts et de nombreux blessés par brûlures et intoxications.
    • 1973 : CES Edouard-Pailleron. Feu allumé le soir par 2 élèves qui ignorent qu’une des salles est encore utilisée. 20 morts (16 enfants et 4 adultes).
    • 1991 : Centre thermal de Barbotan-les-Thermes pendant des travaux d’étanchéité sur le toit. Les ouvriers font fondre du goudron pour réparer des infiltrations d’eau. Le feu se propage dans le faux plafond et aux cloisons, une épaisse fumée toxique envahit les thermes. On compte 20 personnes décédées par asphyxie.
    • 1999 : L’incendie du Tunnel du Mont Blanc qui fait 39 morts.
    • 2005 : Incendie de l’hôtel Paris-Opéra accueillant principalement des personnes en situation de précarité ou demandeurs d’asiles, l’un des pires qu’ait connu Paris depuis la fin de la guerre. 24 morts dont 11 enfants.
    • 2016 : L’incendie du bar Cuba Libre. Soirée d’anniversaire entre amis. L’étincelle d’une bougie du gâteau met le feu à un isolant phonique hautement inflammable. Bilan : 14 morts et 5 blessés.

[1] https://blog.extincteur.net/chronologie-grands-incendies-en-france/
[2] À moins de causer des morts, mais les feux de forêts en France tuent surtout des arbres, des animaux et des pompiers.
[3] L’auteur du blog a oublié l’incendie des forêts autour de Paris en 1870. Voir Annexe 2.

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