FdF-211 Les feux de forêts dans le sud-ouest

© 2022-2026 Frédéric-Georges Roux — Cette page fait partie de l’ouvrage « Et si nos forêts ne brûlaient plus ? » — Copyright et conditions d’utilisation

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Note additionnelle : Cette section a été rédigée au tout début de l’année 2021 et seulement légèrement amendée fin août 2022 au moment où le livre devait partir chez l’imprimeur. Elle ne peut pas tenir compte des leçons des feux de 2022 et encore moins de ceux de 2026.
En prévision de la prochaine édition de ce livre, j’ai rédigé quelques pages complémentaires concernant les feux survenus en France métropolitaine depuis 2021 et notamment le grand feu de Saumos, Gironde, de l’été 2026 (voir ici).  

73 ans séparent les deux grandes années noires
du massif des Landes de Gascogne (1949 et 2022).

En moyenne, ce sont environ 2 000 hectares de forêt qui brûlent chaque année en Aquitaine depuis 1950 [1]. Mais les années se suivent et ne se ressemblent pas (alternance de petits feux et de quelques plus grands incendies).

  • 1869-1872 : 24 000 hectares de forêts partis en fumée (dont 10 000 en Gironde en 1870)
  • 1880 : 3 000 hectares de pins détruits à Liposthey.
  • 1884 : 1 000 hectares à Ychoux.
  • 1893 : 50 000 hectares.
  • 1900 : 4 000 hectares à Parentis-en-Born et Biscarosse.
  • 1940–1949 : « Les Landes en feu, les années rouges » (voir carte ci-contre),1940-1949 : les Landes en feu
  • 1949 : « Le grand feu » [2] qui a détruit 52 000 hectares, une soixantaine de maisons et a fait 83 victimes. Le 24 août 1949 sera décrété jour de deuil national (drame inégalé à ce jour en France).
  • 1976 [3] : forêt de la Palmyre, Charente-Maritime, geste d’un pyromane, 1 500 hectares de forêt, deux maisons et un camion de pompier sont détruits. Cet été-là, les incendies brûlent 80 000 hectares en France.
  • 1989 : Le Porge et Lacanau, vent à 25 kilomètres heure, le feu se propage après avoir sauté un pare-feu de 50 mètres. 3 700 hectares de pins détruits.
  • 1990 : Carcans, 6 000 hectares sont dévastés.
  • 1990 : Haute Lande, incendie dû à la foudre, 3 000 hectares dévastés.
  • 1997 : Landiras, 720 hectares.
  • 2002 : Carcans et Hourtin, 1 500 hectares de forêt, plus de 2 500 hectares au total ont brûlé en Gironde en 2002.
  • 2003 : Saint-Aubin-de-Médoc, 800 hectares.
  • 2004 : Sud Médoc, vent à plus de 60 kilomètres/heure, 300 hectares de forêt.

Puis, de 2006 à 2021, Bdiff fait état de 80 feux de plus de 10 hectares en Aquitaine ayant parcouru en tout seulement 10 416 hectares [4] en 16 ans [5], dont les plus importants sont :

  • 2011: 300 hectares.
  • 2012: 638 hectares à Lacanau.
  • 2015: Avensan, feu mal maîtrisé dans un centre équestre, 80 hectares.
  • 2015: 563 hectares de pins brûlés en deux incendies à Saint-Jean-d’Illac.
  • 2016: 70 hectares à Trensacq.
  • 2016: 50 hectares à Laruscade (un mégot serait à l’origine du sinistre, mais deux autres incendies moins importants ont lieu dans la même commune et la piste du mégot laisse place à la suspicion d’un acte criminel).
  • 2017: Cissac, 1 075 hectares de pins brûlent en 24 heures.
  • 2017: zone militaire de Captieux, 492 hectares de pins.
  • 2019: feu en bordure d’une voie ferrée à Ychoux, 157 hectares.
  • 2019: commune de Salles, à proximité d’une voie ferrée, 68 hectares brûlés.
  • 2019: troisième incendie de l’été à Salles, 30 hectares supplémentaires détruits soit 103 au total.
  • 2020: forêt de Chiberta (Pyrénées-Atlantiques), 100 hectares de pinède détruits (la cause naturelle est écartée pour accidentelle ou criminelle).
  • 2020 : Avensan, près de 300 hectares de forêt brûlés.
  • 2021 : Urrugne, 450 hectares.

Incendies de végétation dans la zone Sud-Ouest de 2006 à 2021 

Incendies de végétation dans la zone Sud-Ouest de 2006 à 2021 

Historique des feux de forêts en Aquitaine (nombre et surfaces) de 1980 à 2016 

Historique des feux de forêts en Aquitaine (nombre et surfaces) de 1980 à 2016 

Graphique historique des feux de forêts en Aquitaine (1980-2016) – nombre et surface

Sans oublier bien sûr 2022 : le feu accidentel de La Teste-de-Buch (7 000 hectares brûlés) et celui, sans doute criminel de Landiras (13 800 hectares puis 7 400 hectares supplémentaires lors d’une reprise du feu).

Superposition du feu de 1949 (en vert) avec les feux de 2022

Superposition du feu de 1949 (en vert) avec les feux de 2022

J’ai essayé de faire figurer sur la même carte les 3 feux de 2022 et celui de 1949 au Puch. Les deux cartes n’étant pas tout à fait à la même échelle, j’ai dû tricher un tout petit peu pour superposer le contour du feu de 1949. Léognan et Le Barp sont à peu près à leur place.

[1] Donc après la « décennie rouge » qui s’est achevée avec le « très grand feu » de 1949.
[2] Au sortir de la guerre les moyens de prévention des incendies de forêt ne sont pas en état. Les coupes feux ne sont pas entretenus. De plus 1949 est une année particulièrement sèche. Les moyens de lutte contre le feu sont archaïques… On essaye de venir à bout des flammes avec des branches de pins, les contres feux sont inefficaces et le vent changeant propage rapidement les flammes. Un changement brutal de la direction du vent piège 82 sauveteurs qui périront dans les flammes. Les jours suivant le vent se calme, l’incendie devient maitrisable, il est contenu quelques jours plus tard.
[3] 1976 : année de sécheresse record qui a conduit le gouvernement à instaurer un impôt exceptionnel de solidarité aux agriculteurs sous forme d’un emprunt qui a été remboursé à partir de 1981, avec intérêts à 5,5% inférieurs à l’inflation.
[4] Pendant la même période il y en a eu 1 100 dans la zone méditerranéenne qui ont parcouru 95 588 hectares.
[5] On comprend mieux le « réveil » en juillet 2022 des Bordelais qui avaient oublié le dramatique incendie du Puch d’août 1949. D’autres régions de France ont découvert leurs premiers feux de forêts. En revanche, 2022 a été une année normalement calme dans le Sud-Est. Le Var a même connu une « année record » : seulement 51 départs de feux qui n’ont réussi à détruire que 25 hectares de végétation à eux tous. Espérons que l’expérience des Languedociens et des Provençaux profitera dans l’avenir à tous les Français du Nord.

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