FdF-227 Retour des feux en PACA : 2016-2017

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2004-2015 : fin des incendies de forêts ? On peut rêver.

Douze années de « calme plat » sur le front des feux de forêts en Provence-Alpes-Côte d’Azur : 223 feux de plus de 10 hectares et seulement 21 178 hectares parcourus en 12 ans.

C’est la routine pour les pompiers et les CCFF : moins de 20 feux par an, moins de 1 800 hectares parcourus en moyenne par an sur la totalité de la « région phare qui brûle tous les étés ».

Seulement 223 feux de plus de 10 hectares et 21 178 hectares parcourus de 2004 à fin 2015 en PACA

Seulement 223 feux de plus de 10 hectares et 21 178 hectares parcourus
de 2004 à fin 2015 en PACA

Du jamais vu ! Les pompiers risquent de s’ennuyer et de perdre la main.

Douze années de suite sans feu de forêt significatif en PACA

Douze années de suite sans feu de forêt significatif en PACA

Au point que 2003 était devenue « la dernière année des incendies de forêts en Provence-Alpes-Côte d’Azur » jusqu’à ce que, le 10 août 2016, les Marseillais sentent le brûlé quand les flammes du feu qui avait pris à Rognac ont risqué de les menacer [4].

Le feu de Rognac (2016)

Le graphique des surfaces brûlées en Provence-Alpes-Côte d’Azur montre un pic en 2016 dans les Bouches-du-Rhône où 4 433 hectares ont été parcourus par les flammes dans l’année. En fait, il y a eu seulement 10 feux mais celui de Rognac a parcouru à lui seul 2 663 hectares et donné des « sueurs chaudes » à la population avoisinante.

2016 : 10 feux de plus de 10 hectares dans les Bouches-du-Rhône

2016 : 10 feux de plus de 10 hectares dans les Bouches-du-Rhône

Liste des 10 feux de plus de 10 hectares dans les Bouches-du-Rhône en  2016

Liste des 10 feux de plus de 10 hectares dans les Bouches-du-Rhône en  2016

Le 10 août 2016, un feu se déclenche à Fos-sur-Mer. L’alerte est donnée par la population à 11h56. Le premier véhicule de pompiers, basé à 3 km arrive à 12 h 08. Le feu n’a parcouru que 5 000 m². Il ne sera considéré éteint que le lendemain à 7 h 00. Entre-temps il a fallu lutter contre un incendie autrement plus important, parti de Rognac, qui a menacé Marseille et brûlé une grande partie des forêts de Vitrolles et des Pennes-Mirabeau.

Les départs de feux du 10 août 2016 autour de l'étang de Berre

Les départs de feux du 10 août 2016 autour de l’étang de Berre

À 15 h 09 [5], une vigie lance l’alerte. Un incendie se déclare à Rognac, au lieu-dit « Les Tamaris » situé au nord de « La Plantade » (en bas au centre de la carte ci-dessous, à droite de l’autoroute).

Rognac - La Plantade

Rognac – La Plantade

Le groupe d’attaque, situé à 5 km, arrive sur les lieux à 15 h 15 alors que le feu n’a parcouru que 3 000 m².

L’endroit est boisé, au milieu de villas dont les propriétaires n’ont pas respecté les OLD (Obligations Légales de Débroussaillement) et la doctrine contraint les pompiers à protéger les habitations avec des moyens qui, de ce fait, ne peuvent pas contribuer à la lutte.

La photo aérienne ci-dessous met en évidence la petite partie boisée et le lotissement contigu situé au nord.

Rognac - vue aérienne de la Plantade

Rognac – vue aérienne de la Plantade

Les voies d‘accès sont peu nombreuses et étroites. Bref, le feu a vite fait d’échapper aux pompiers et, poussé par un vent violent, se propage rapidement en direction du Sud-Est dans une zone naturelle dont la végétation sèche a vite fait de s’embraser.

Plusieurs foyers ont éclos durant l’après-midi dans différentes zones, à Rognac, Vitrolles, Les Pennes-Mirabeau, en plus de ceux de Fos-sur-Mer et Istres, provoquant l’évacuation de plus de 600 habitants accueillis dans des gymnases et des salles polyvalentes. D’autres ont été hébergés en famille ou chez des amis.

En 10 heures le feu a parcouru 14,9 kilomètres avec des pointes à 5,3 km/h.

Parcours du feu de Rognac en 10 heures

Parcours du feu de Rognac en 10 heures

Après une nuit de lutte les 200 pompiers ont fini par éteindre l’incendie le lendemain matin à 8  00.

Il a parcouru 2 663 hectares dont 2 032 en interfaces et zones urbaines.

Vue aérienne du feu de Rognac

Vue aérienne du feu de Rognac

La cause de ce sinistre est facilement identifiée : un mégot mal éteint, jeté inconsciemment sur un talus de broussailles par un maçon qui a été condamné le 15 novembre 2021 à cinq ans de prison dont un an ferme qui sera à purger sous le régime du bracelet électronique.

La présidente du tribunal d’Aix-en-Provence a estimé que ce jugement était très sévère car « en matière d’infraction involontaire, on ne pouvait pas faire plus grave ».

La procureure Nathalie Vergez avait seulement requis trente mois de prison dont vingt mois avec sursis, en soulignant que « les agissements de Mostafa El Fathi sont d’une grande banalité mais les conséquences d’une exceptionnelle gravité. »

Elle avait stigmatisé « le comportement inqualifiable sinon indigne » du maçon, estimant « qu’il a fui sa responsabilité de citoyen en ne tentant rien pour essayer d’arrêter le feu et qu’il a fui sa responsabilité pénale durant l’enquête en mentant à plusieurs reprises. »

Permettez-moi de ne pas être d’accord avec la clémence de cette sentence et encore moins avec la peine requise qui ne nous semble être ni assez exemplaire, ni assez dissuasive, eu égard aux dommages irréversibles à l’environnement, à l’écosystème détruit, aux risques encourus par les populations voisines dont la vie a été mise en danger, inconsciemment peut-être mais réellement. Certes, il ne s’agissait pas d’un acte de malveillance volontaire, qui eût été un crime, mais d’un geste dangereux trop banal pour ne pas être sanctionné à la hauteur de ses conséquences et servir d’exemple à tous les fumeurs et « barbecueurs » du dimanche.

3 semaines plus tôt, le 18 juillet à Correns, Var, quelques jeunes fumeurs d’herbe réunis dans un cabanon ont provoqué un incendie qui a parcouru 632 hectares avant d’être éteint au bout de 3 jours.

Périmètre de l'ASL du Bois d'Argens créée après le feu de Correns de 2016

Périmètre de l’ASL du Bois d’Argens créée après le feu de Correns de 2016

Six ans après, les conséquences de ce sinistre sont toujours largement visibles en dépit des interventions suggérées par les techniciens du CRPF aux membres de l’ASL qui s’est constituée dans la foulée de l’incendie pour tenter de reconstituer les espaces boisés.

Note complémentaire (16 août 2026) : le feu qui a fait la Une début août est parti de Pontevès et a d’abord brûlé le massif du Gros Bessillon à l’ouest de Cotignac, puis il a débordé les secours et s’est dirigé vers le sud où il a sévèrement mis à mal les abords de Correns et de Montfort-sur-Argens. Une fois fixé, il a repris et un deuxième foyer, apparemment volontaire, s’est déclenché à proximité de Correns. 

Zone du feu de Pontévès (Var) d'août 2026

Zone du feu de Pontévès (Var) d’août 2026

Les peines encourues sont-elles trop faibles
ou sont-elles insuffisamment appliquées ?

Rappelons qu’en cas d’incendie involontaire de bois, forêts, landes, maquis, les peines encourues (valeur 2022) sont de 2 ans de prison et 30 000 € d’amende et qu’en cas de violation délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité, les peines sont portées à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende. Pour l’auteur d’un incendie volontaire, la peine peut aller jusqu’à 10 ans de prison et 150 000 € d’amende. Elle est aggravée en cas de mort d’une personne, où la peine peut aller jusqu’à la réclusion criminelle.

Il est rare que la Presse ou les médias fassent état, souvent plusieurs années après l’incendie quand on l’a oublié, de la peine prononcée et encore moins de son application complète. Et pourtant, ça aurait valeur d’exemple potentiellement dissuasive, à condition toutefois que la sanction soit suffisamment élevée.

Qu’est-il advenu du « pyromane présumé qui a avoué » ?

Le 5 juillet 2022 on pouvait lire ce titre en lettres capitales [6] : « DANS LES LANDES, UN POMPIER SERAIT EN RÉALITÉ LE PYROMANE ».

« Corentin Coumat, un jeune pompier volontaire de 20 ans, vient d’être arrêté et placé en garde à vue, ce vendredi 1er juillet. Et pour cause, depuis deux mois et demi d’investigations, les gendarmes de la brigade de recherches de Mont-de-Marsan, dans les Landes, pensent qu’il est à l’origine de cinq départs de feu dans la région.

Les faits remontent au 16 avril 2022, quand un incendie se déclare sur la commune de Lucbardez-et-Bargues. Ce jour-là, deux hectares partent en fumée. Pour les pompiers dépêchés sur place, des doutes commencent à apparaître. Ils sont persuadés qu’il s’agit d’un incendie volontaire, comme le raconte Sud-Ouest.

Les gendarmes commencent alors leurs investigations pour comprendre l’origine de ce départ de feu. Et ce qu’ils découvrent ne laisse plus de place au doute : “ l’utilisation d’un produit accélérateur, type essence, un papier qu’on allume et qu’on jette pour mettre le feu ” serait les éléments déclencheurs de l’incendie, selon le procureur de la République de Mont-de-Marsan. Si les pompiers pensent être au bout de leur peine avec ce gros incendie, ils ne vont pas tarder à comprendre que quelqu’un est derrière tout ça.

Le lendemain, un nouveau feu est déclaré au même endroit que la veille. Celui-ci confirme donc les suspicions des pompiers et des gendarmes. Mais cette fois, le préjudice est encore plus lourd. Dix hectares de forêt ont brûlé. Pendant un mois, plus aucun départ de feu ne sera déclenché dans cette zone. Jusqu’au 16 mai. Ce jour-là, une nouvelle tentative de feu échoue. Mais le lendemain, l’incendie se déclare et brûle 8 000 mètres carrés de forêt. Et la dernière en date remonte au 11 juin, mais elle sera avortée.

Selon les déclarations du procureur, les gendarmes se sont appuyés sur des indices recueillis sur place et des témoignages. “ Le mis en cause a été vu sur un des cinq faits “, avoue-t-il à nos confrères du journal local.

Corentin Coumat est pompier volontaire dans la ville de Roquefort depuis plus d’un an. S’il n’était pas connu de la justice, il est aujourd’hui poursuivi pour avoir organisé des départs de feu de forêt. Pour l’heure, l’homme reconnaît les faits qui lui sont reprochés, selon les informations de Sud-Ouest.

“ Il reconnaît les deux tentatives et les trois incendies ” précise le procureur.

Corentin Coumat sera présenté devant le parquet et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès. Ce dernier devrait se tenir le 30 août prochain. »

La Dépêche du 12 octobre 2022 nous apprend que :

« Ce mardi 11 octobre, le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan, dans les Landes, a condamné Corentin Coumat, un jeune pompier volontaire de 19 ans, à trois ans de prison, dont un ferme. Selon Sud-Ouest, ce dernier a été reconnu coupable d’avoir allumé ou tenté d’allumer cinq feux dans le département, à Lucbardez-et-Bargues et Maillères, entre avril et juin 2022. Le substitut du procureur de la République avait requis à son encontre quatre ans de prison, dont trois fermes. »

Là encore, force est de constater que la Justice, qui pour une fois a été assez rapide, a été beaucoup trop clémente. Ce n’est pas ainsi qu’on dissuadera les criminels pyromanes.

Les feux de 2017 dans le Var

23 feux se déclenchent en Provence-Alpes-Côte d’Azur le 24 juillet 2017 dont cinq parcourront plus de 10 hectares avant d’être éteints.

24 juillet 2017 : 5 feux de plus de 10 hectares en PACA

24 juillet 2017 : 5 feux de plus de 10 hectares en PACA

Le lendemain, alors qu’aucun n’est encore éteint et que ceux d’Artigues, de La Bastidonne et de La Croix-Valmer ont pris des proportions très importantes, il y aura 21 départs dont celui de La Londe-les-Maures.

25 juillet 2017 : un feu de plus de 10 hectares à La Londe-les-Maures

25 juillet 2017 : un feu de plus de 10 hectares à La Londe-les-Maures

Le 26, les pompiers auront à faire face à onze nouveaux départs de feux, dont deux qui parcourront plus de 10 hectares avant d’être éteints.

26 juillet 2017 : deux feux de plus de 10 hectares dans les Bouches-du-Rhône

26 juillet 2017 : deux feux de plus de 10 hectares dans les Bouches-du-Rhône

Au soir du 26 juillet, la situation est très tendue : 7 000 hectares sont déjà partis en fumée, 12 500 personnes ont été évacuées et sept grands feux mobilisent toujours les pompiers au sol et les aéronefs bombardiers d’eau en état de fonctionner.

Situation le soir du 26 juillet 2017

Situation le soir du 26 juillet 2017

Par chance, le 27 il n’y aura que cinq départs rapidement éteints (1,69 hectares brûlés à eux cinq) et neuf le 28 (2,33 hectares en tout).

En ce qui concerne le Var, 2017 est considérée comme une « année noire ».

Pourtant il n’y a eu que sept feux ayant parcouru plus de 10 hectares et seulement 4 144 hectares brûlés mais trois des quatre plus importants se sont produits en bord de mer et il a fallu évacuer de nombreux touristes qui se sont retrouvés sur les plages.

Var, été 2017 : 7 feux de plus de 10 hectares

Var, été 2017 : 7 feux de plus de 10 hectares

Le plus important, celui d’Artigues, n’a pas beaucoup fait remuer les médias bien qu’il ait parcouru plus de 1 700 hectares, mais c’était dans les bois, trop loin des habitations et des touristes pour faire le buzz.

Parcours du feu d'Artigues (27 juillet 2017)

Parcours du feu d’Artigues (27 juillet 2017)

En revanche, ceux de La Londe-les-Maures, Hyères et La-Croix-Valmer ont rempli des pages entières de Var Matin et des rediffusions en boucle sur les chaînes d’info pendant plusieurs semaines.

Carte Hyères - La Londe-les-Maures - Bormes-les-Mimosas

Carte Hyères – La Londe-les-Maures – Bormes-les-Mimosas

Il faut dire que François de Canson, maire de La Londe-les-Maures mais aussi en charge du tourisme et de la sécurité civile au Conseil Régional, après avoir subi deux inondations dramatiques en janvier et en novembre 2014, s’est trouvé au barycentre de deux grands incendies successifs à un mois d’intervalle, ce qui lui octroyait d’excellentes raisons de jouer des talents de communicateur redoutable qu’on lui connaît.

Le feu de La Londe-les-Maures

Le mardi 25 juillet 2017, au moment où ce feu s’est déclenché à La Londe-les-Maures, les pompiers étaient en train de lutter depuis la veille à La Croix-Valmer, 15 km plus à l’est, et à Artigues, au nord du département, contre les deux feux qui ont respectivement parcouru 506 et 1 704 hectares.

Parcours du feu de La Croix-Valmer

Parcours du feu de La Croix-Valmer

L’alerte a été donnée à 22 h 54 le mardi 25 juillet 2017 par la population lorsque le feu s’est déclaré route de Saint-Honoré au nord-est de l’agglomération de La Londe-les-Maures.

Le premier véhicule des sapeurs-pompiers est arrivé sur les lieux 14 minutes plus tard constatant que le feu s’étendait déjà sur 6 000 m².

Un vent « modéré » (35 km/h) de NO poussait les flammes en direction de Bormes-les-Mimosas qui a été la commune la plus touchée par cet incendie qui n’a été éteint que dans la soirée du 31 juillet après avoir parcouru 1 423 hectares de forêt.

Parcours du feu de La Londe-les-Maures - Bormes-les-Mimosas

Parcours du feu de La Londe-les-Maures – Bormes-les-Mimosas

Nous étions en période de risque exceptionnel [7].

Carte quotidienne des risques et interdictions des massifs du Var

Carte quotidienne des risques et interdictions des massifs du Var

Comme il est d’usage, nous avons eu droit à la visite ministérielle de premier niveau [8] au petit matin du 26 juillet.

Visite d'État (26 juillet 2017)

Visite d’État (26 juillet 2017)

  • Environ 12 000 personnes, dont 3 000 campeurs, avaient été évacuées dans le Var, où le front des incendies était le plus fort ce mercredi.
  • Plus de 7 000 hectares de végétation avaient brûlé dans le sud-est, dont la moitié dans le Var.
  • Aucune victime « civile » n’était à déplorer, mais depuis lundi 70 sapeurs-pompiers avaient été blessés.
  • Une pétition avait été lancée pour compléter la flotte des moyens aériens et remplacer ceux qui étaient sur le point de rendre l’âme (19 vieux avions bombardiers d’eau luttant dans des conditions extrêmes pour éteindre les flammes [9]).

Un mois plus tard, le samedi 2 septembre à 21h45, un nouveau feu se déclenchait à l’est de Hyères et se propageait sur les collines de La Londe-les-Maures.

En arrivant vers 22h30 au carrefour de Mauvanne, toute la colline sur ma gauche était en feu et j’ai été bloqué par les gendarmes qui interdisaient toute circulation sur la D98 en direction de La Londe.

J’avais enfilé ma veste orange et ma casquette de membre des CCFF et ma carte de circulation signée du général commandant le SDIS m’a permis de m’engager sans trop de risques dans la fumée, sur la D98 bordée de gyrophares bleus.

Les deux feux de l'été 2017 à La Londe-les-Maures

Les deux feux de l’été 2017 à La Londe-les-Maures
(La Pascalette est au sud-est du feu de gauche)

À la hauteur de la Pascalette j’ai subi quelques sautes de feu et je n’ai eu d’autre choix que de les franchir sans hésiter car depuis quelques centaines de mètres j’avais quitté la fumée et la visibilité était suffisante pour être certain que je pouvais atteindre le bourg sans danger.

Arrivé à la salle Yann Piat, j’ai rejoint mes collègues des CCFF et de la Croix-Rouge pour les aider à dresser les lits de camp et accueillir les sinistrés.

Soudain, l’un d’eux me tape sur l’épaule et me dit : « tu ne serais pas Frédéric Roux ? ». Je me retourne et le dévisage et lui dit au bout d’une quinzaine de secondes : « Jacques B. ? ». C’était un camarade de ma promotion de Polytechnique que je n’avais croisé qu’une fois en 2004 depuis que nous avions quitté l’École en 1966. Sa maison de vacances était sans doute au milieu du brasier et il avait eu la chance d’être « invité » à la quitter quelques minutes plus tôt. Le monde est petit et 50 années ne suffisent pas pour effacer complètement quelques traits caractéristiques de nos physionomies.

Ces deux incendies autour de La-Londe-lès-Maures à deux mois d’intervalle présentent des similitudes étonnantes (horaire nocturne empêchant notamment l’utilisation immédiate des moyens aériens sur feu naissant, mis à feu en bordure d’un massif forestier avec vent assez fort dans le dos en bordure d’une voie isolée dont il est facile de s’échapper discrètement…) qui laissaient supposer non seulement une cause criminelle mais même imaginer qu’ils sont dus à un auteur unique.

À ce jour, ces deux feux ont été déclarés dus à la « malveillance ». Je n‘ai pas connaissance des résultats de l’enquête, si le ou les auteurs ont été identifiés et encore moins si des sanctions ont été prononcées. Mes recherches sur Internet sont restées infructueuses. En outre, comme je l’ai dit ci-dessus, en dépit des lois qui prévoient de lourdes peines pour les incendiaires, même involontaires, les juges n’en prononcent que de très faibles, non dissuasives, d’autant plus que les condamnations, qui arrivent en général longtemps après que le sinistre soit sorti des mémoires, ne font guère l’objet d’une médiatisation qui puisse servir d’exemple.

[4] Il faut faire un parallèle avec 1949 en Gironde quand, en 2022, à La-Teste-du-Buch, les Bordelais ont redécouvert les fumées d’un grand feu de végétation.
[5] L’infographie qui suit indique à tort le départ à 12h30.
[6] https://rmccrime.bfmtv.com/affaires-criminelles/france/dans-les-landes-un-pompier-serait-en-realite-le-pyromane_AN-202207050641.html
[7] La cellule météo-pompiers-forestiers de la préfecture du Var se réunit tous les jours du 15 juin au 15 septembre et publie avant 19h00 sur son site Internet la carte des risques pour le lendemain dont les couleurs prescrivent les autorisations et interdictions de pénétrer dans chacun des neuf massifs forestiers du département.
[8] De gauche à droite : Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, Jean-Luc Videlaine, préfet du Var et Édouard Philippe, premier ministre.
[9] Voir la section sur les moyens aériens (FdF-250).

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