FdF-315 Les PPRIF, plans de prévention du risque incendie de forêt

☰ Sommaire ⏮ Ch. préc. ← Sc. préc. → Sc. suiv. ⏭ Ch. suiv.

Le PPRIF est un outil de prévention et d’aménagement qui a pour but de prendre en compte le risque feu de forêt dans le développement urbain d’une commune.

Le PPRIF prescrit les mesures de prévention à mettre en œuvre tant par les propriétaires que par les collectivités publiques. Ces mesures concernent les biens existants et les constructions nouvelles :

  • Le débroussaillement autour des constructions et le traitement des réserves de combustibles.
  • L’amélioration des voiries permettant aux secours comme aux usagers de circuler sans difficulté dans une situation d’urgence.
  • L’amélioration de la défense extérieure contre l’incendie (DECI) via des hydrants aux normes.
  • La mise en œuvre de règles de construction adaptées.

Une fois approuvé par le préfet [1], le PPRIF vaut servitude d’utilité publique et est annexé au document d’urbanisme de la commune (POS ou PLU).

État d'avancement des PPRIf communaux du département du Var (02/2022)

État d’avancement des PPRIf communaux du département du Var (02/2022)

Un PPRIF comprend un plan de zonage qui permet de localiser les différentes zones de risques et le règlement d’urbanisme applicable à chaque zone.

Il convient à ce stade de rappeler ce que sont les enjeux, les aléas, les risques et la « défendabilité ».

Enjeux, aléas, risques, défendabilité

Les enjeux sont par exemple la présence d’habitations à proximité d’un massif forestier, chacun ayant une valeur propre avec, en outre, la présence éventuelle de personnes et/ou d’autres biens vulnérables. Ces enjeux ont un caractère plutôt permanent.

Un départ de feu est un aléa dont la probabilité de se produire est plus ou moins importante. L’expérience (et le bon sens) montre que cette probabilité est plus importante là où il y a des hommes (ou des femmes), et donc là où il y a des habitations, des promeneurs et/ou des travailleurs forestiers.

Le risque survient quand un tel feu menace les habitations, les hommes mais aussi la forêt, donc quand il progresse dans certaines directions où il trouve du combustible.

Enjeu - Aléa - Risque

Enjeu – Aléa – Risque

La défendabilité est définie en fonction des caractéristiques des équipements de défense pouvant être utilisés en cas de lutte contre un incendie de forêt : voies d’accès d’une largeur suffisante, débit en eau des poteaux incendie.

Pour résumer : l’aléa est un phénomène résultant de facteurs ou de processus qui échappent, au moins en partie, au contrôle humain : inondation, cyclone, glissement de terrain, éruption volcanique, séisme, tsunami, feu de végétation. Il ne devient un risque qu’en présence d’enjeux humains, économiques et environnementaux (la forêt brûle même loin de toute présence humaine), possédant une certaine vulnérabilité ou fragilité.

Un PPRIF comprend principalement :

  • Le plan de zonage élaboré à partir de :
    • la carte des enjeux [2] (personnes, biens et activités, susceptibles d’être affectés par un incendie de forêt) ;
    • la carte d’aléa ;
    • la carte de la défendabilité qui correspond aux moyens de protection déployés permettant d’assurer la défense des enjeux en cas d’incendie les affectant.
  • Le règlement qui indique pour chaque zone exposée au risque les mesures de prévention, ainsi que les mesures relatives à l’aménagement… Cette réglementation va de l’interdiction de construire à la possibilité de construire sous certaines conditions selon la zone considérée.

Carte partielle d'aléas de la commune de Carnoules, Var

Carte partielle d’aléas de la commune de Carnoules, Var

On distinguera sur l’exemple de carte de zonage ci-dessus [3] :

  • Les zones « rouge » : aléa d’incendie de forêt fort à exceptionnel, dans lesquelles l’ampleur des phénomènes ne permet pas de défendre les biens exposés au risque. Dans la zone rouge, le principe est la mise en sécurité des constructions et activités existantes et l’interdiction de toute construction ou activité nouvelle.
  • Les « zones violettes » : aléa d’incendie de forêt moyen à fort, dans lesquelles la défendabilité est adaptée au niveau de risque ou est susceptible d’être assurée dans des conditions techniques et économiques viables. L’urbanisation est possible sous conditions de densité et de réalisation d’équipements de protection préalablement à la réalisation des opérations d’aménagement.
  • Les « zones jaunes et vertes » : aléa moyen, et dans lesquelles la défendabilité est adaptée au niveau de risque ou est susceptible d’être améliorée dans des conditions techniques et économiques viables. L’urbanisation est possible sous des formes variées et sous réserve de mesures de prévention, tant individuelles que collectives, adaptées au niveau de risque.
  • Les « zones bleues » : aléa faible à très faible dans lesquelles la vulnérabilité des constructions existantes doit être réduite et la défendabilité améliorée ;
  • La « zone blanche » : risque très faible voire nul. Cette zone ne fait pas l’objet de prescriptions spécifiques au titre de la prévention des incendies de forêt dans le cadre du PPRIF, mais le code de l’urbanisme (PLU), le code forestier… s’appliquent.

Cas des forêts du sud-ouest

Les départements forestiers du sud-ouest se sont accordés pour établir un règlement unique interdépartemental de protection de la forêt contre les incendies [4]. À fin 2022, seules 13 communes avaient un PPRIF.

[1] À la suite des incendies de 2003, le préfet du Var a, à la demande de l’État, prescrit un PPRIF sur 17 des communes du Var les plus exposées. En février 2022, 12 des 17 communes disposaient d’un PPRIF approuvé, 4 autres en avaient un en cours d’élaboration.
[2] La carte des enjeux recense les formes d’organisation du bâti sur le territoire communal (groupé, diffus, isolé), les biens, les activités, les réseaux, les moyens de communication, le patrimoine…
[3] Carte partielle d’aléa de la commune de Carnoules, Var.
[4] Rappelons que dans cette région où le rôle économique de la forêt est primordial, la DFCI est assurée par des associations syndicales autorisées (ASA de DFCI qui, comme toutes les ASA, sont des établissements publics), dont le financement est en partie assuré par des cotisations obligatoires des propriétaires forestiers.

☰ Sommaire ⏮ Ch. préc. ← Sc. préc. → Sc. suiv. ⏭ Ch. suiv.