FdF-318 La DECI, défense extérieure contre les incendies

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DFCI et DECI sont deux sigles voisins qui peuvent prêter à confusion.

La DECI a pour objet d’assurer l’alimentation en eau des moyens des services d’incendie et de secours par l’intermédiaire de points d’eau identifiés à cette fin.

Elle traite essentiellement des points d’eau dans les zones urbanisées et les zones où il y a des constructions (zones industrielles, zones d’activités…) afin qu’il y en ait en quantité suffisante, au bon débit, au bon moment et au bon endroit.

On peut comprendre que les dispositions réglementaires à respecter en zone urbaine et en zone boisée soient différentes et que les moyens pour attaquer les incendies répondent à des prescriptions différentes, mais ces deux sujets se rejoignent quand la forêt est contiguë à la ville et plus encore quand la ville est en forêt (cas des lotissements qui ont de plus tendance à se « coller » à la forêt quand ils ne sont pas complètement construits au sein d’un massif).

Cependant, on trouvera deux familles de documents concernant les aménagements en vue de la défense contre les incendies. À titre d’exemple le SDIS du Var a publié le règlement départemental de défense extérieure contre l’incendie (RDDECI) qui a fait l’objet d’un arrêté préfectoral le 8 février 2017.

La DECI est régie par le Code général des collectivités territoriales qui rappelle [1] que : « le maire assure la défense extérieure contre l’incendie », puis explique :

  • La DECI a pour objet d’assurer, en fonction des besoins résultant des risques à prendre en compte, l’alimentation en eau des moyens des services d’incendie et de secours par l’intermédiaire de points d’eau identifiés à cette fin. Elle est placée sous l’autorité du maire.
  • Les communes sont chargées du service public de DECI et sont compétentes à ce titre pour la création, l’aménagement et la gestion des points d’eau nécessaires à l’alimentation en eau des moyens des services d’incendie et de secours. Elles peuvent également intervenir en amont de ces points d’eau pour garantir leur approvisionnement.
  • Lorsque l’approvisionnement des points d’eau fait appel à un réseau de transport ou de distribution d’eau, les investissements afférents demandés à la personne publique ou privée responsable de ce réseau sont pris en charge par le service public de DECI.

L’essentiel du règlement DECI porte sur les besoins en eau destinée à couvrir les risques d’incendies « bâtimentaires » (et donc pas forestiers). L’évaluation (volume et distances des points d’eau incendie) dépend des risques décomposés en quatre catégories :

  • Le risque courant faible: enjeu limité en termes patrimoniaux, isolé, avec un risque de propagation quasi nul aux bâtiments environnants.
  • Le risque courant ordinaire: risque qui peut être fréquent et qui présente un réel risque de propagation :
    • habitations individuelles non exposées à un risque feu de forêt et dont les structures porteuses et/ou bardages sont susceptibles d’amener un élément combustible supplémentaire
    • habitations individuelles jumelées ou en bande dont les surfaces cumulées dépassent 250 m²
    • lotissements ou groupements de plus de dix habitations desservies par une seule voie d’accès à partir d’une voie principale
    • habitations collectives de moins de 4 étages
    • E.R.P et établissements industriels dont la surface n’excède pas 500 m²
    • zones artisanales).

DECI : Risque courant ordinaire 

DECI : Risque courant ordinaire 

  • Le risque courant important: bâtiments à fort potentiel calorifique et/ou à fort risque de propagation (constructions exposées à un risque feu de forêt ; habitations collectives de plus de 3 étages ; zones commerciales).

DECI : Risque courant important

DECI : Risque courant important

  • Le risque particulier: occurrence faible mais enjeux humains ou patrimoniaux importants et/ou conséquences et impacts environnementaux, sociaux ou économiques très étendus (immeubles de grande hauteur, IGH ; grands projets E.R.P, établissements industriels, exploitations agricoles ; zones industrielles).

La distance maximum autorisée entre le PEI (Point d’eau incendie) et le risque à protéger le plus éloigné (60, 200 ou 400 mètres) s’entend via un chemin praticable par les pompiers.

DECI : Spécifications technique pour les poteaux incendie 

DECI : Spécifications technique pour les poteaux incendie 

Cette distance a une incidence sur le temps de mise en œuvre des lances, temps qui dépend du type de point d’eau (poteau sous pression ou réserve dans laquelle il faut pomper). En effet, lorsque le véhicule-pompe arrive au point d’eau, sa mise en œuvre prend une minute dans le cas d’un poteau à laquelle s’ajoute le temps de mise en œuvre pour mettre les lances en batterie qui dépend de la distance entre le camion-pompe et le bâtiment (1 minute par 100 mètres). Dans le cas où il faut d’abord aspirer l’eau depuis une réserve, il faut compter 9 minutes de plus pendant lesquelles le feu poursuit son « travail ».

DECI : Alimentation à partir d'une réserve (temps de mise en oeuvre) 

DECI : Alimentation à partir d’une réserve (temps de mise en oeuvre) 

En général le point d’eau, même s’il est sur une parcelle privée, est « public », ce qui signifie qu’il a été financé par une collectivité qui en assure l’entretien. Cependant, un point d’eau existant et accessible peut être mis à la disposition du service public de DECI par son propriétaire, après accord formel de celui-ci.

C’est la raison pour laquelle les services de secours ne sont pas autorisés à puiser l’eau d’une piscine privée sauf convention formelle après contrôle par le SDIS des caractéristiques d’accès permanent et de manœuvre des engins de pompage.

Exemple de réserve privée

Dans ma propriété au pied des Maures, j’avais, sur une de mes parcelles agricoles, à une petite centaine de mètres de mon habitation, un bassin de 80 m3, alimenté en permanence par un canal arrosant gravitaire, qui était référencé DFCI (et non DECI) dans Remocra [2] bien que non normalisé.

Bassin privé référencé DFCI (Domaine des Baumes, Carnoules)

Bassin privé référencé DFCI (Domaine des Baumes, Carnoules) 

Il a servi plusieurs fois à des rotations d’hélicoptères de la sécurité civile qui attendaient à la queue-leu-leu pour puiser 1 m3 d’eau qu’ils déversaient quelques minutes plus tard sur un feu de proximité.

Hélicoptére de la Sécurité civile en train de pomper dans mon bassin 

Hélicoptére de la Sécurité civile en train de pomper dans mon bassin 

De mon côté je disposais d’une remorque avec une pompe thermique, 400 mètres de tuyaux plats de Ø40 en tronçons de 20 et 40 mètres, des jonctions en Y et des lances que je pouvais disposer en étoile afin d’arroser si besoin les abords de mes constructions en attente de l’arrivée éventuelle du feu.

[1] Article L2213-32 puis articles L 2225-1 à L 2225-3.
[2] Remocra : plateforme collaborative départementale du SDIS 83 (Var).

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