ARCHIVES Union Régionale

Archives disponibles :

 

Le Propriétaire forestier dans la tourmente, par Philippe Riou-Nivert

Philippe Riou-Nivert est ingénieur à l’Institut pour le Développement Forestier (L’IDF est une des divisions du CNPF, Centre National de la Propriété Forestière). Spécialiste des résineux, il est un des pionniers de l’expérimentation forestière et est en charge au niveau national des questions liées au changement climatique.

2022 05 19 Article Philippe Riou-Nivert

Congrès Mondial de la Nature (Marseille 3-11 septembre 2021)

Gérard Gautier, Président de Fransylva 13, est intervenu dans le cadre du Congrès Mondial de la Nature qui s’est déroulé du 3 au 11 septembre 2021 à Marseille.

En avant première : un texte qui sera publié dans le n°647 de Forêts de France ;

On y a un peu parlé forêt

Organisé à Marseille par l’UICN [1], le congrès mondial de la nature a réuni 6 000 participants et attiré 25 000 visiteurs sur le site du parc Chanot. On y a parlé de l’avenir des espaces naturels et des mesures de protection à prendre en urgence.

Les océans ont constitué un axe central de discussion, avec un appel à mettre un terme à l’exploitation minière des fonds marins. Les menaces pesant sur les forêts primaires tropicales ont donné lieu à une exhortation à protéger 85% de l’Amazonie d’ici 2025. Quoiqu’organisé en France, le congrès s’est peu intéressé à la forêt française, pourtant menacée par le changement climatique.

Si les congressistes venus du monde entier devaient s’acquitter d’un billet d’entrée conséquent, la manifestation était aussi partiellement ouverte au grand public. À défaut d’être présent au cœur du congrès, Fransylva a pu participer à plusieurs manifestations.

Une discussion au débotté

Le président du syndicat des Bouches-du-Rhône a ainsi représenté Fransylva à l’occasion de deux conférences. Le 6 septembre, Gérard Gautier a suivi le débat organisé sur la stratégie nationale des aires de protection. « J’avais préparé un dossier sur l’incendie dans le massif des Maures, une zone si bien protégée que l’on a été incapable d’y maîtriser un incendie ! Malheureusement, il n’y a pas eu de débat avec la centaine de personnes présentes » regrette le propriétaire forestier. Après la conférence, il a néanmoins réussi à discuter avec la secrétaire d’état à la Biodiversité, Bérangère Abba, pour lui rappeler les effets pervers de la sur-protection imposée par la réserve nationale du massif des Maures. « J’ai aussi attiré son attention sur la faible représentativité des organismes de la forêt privés dans l’organisation des concertations annoncées tant par elle au niveau de la stratégie nationale des aires protégés que par la ministre Barbara Pompili dans le cadre de sa réflexion sur la refondation de la politique forestière ».

Deux jours plus tard, sur le stand de l’UICN France, une table ronde a réuni 80 personnes. « Ce débat a permis aux différents intervenants de présenter les caractéristiques et particularités de la forêt méditerranéenne et d’insister sur son rôle de laboratoire pour l’avenir.  La multiplicité des acteurs a également été abordée ainsi que l’action des parcs Régionaux. Fransylva a fait remarquer que si l’action du PNR de la Sainte Baume est très positive c’est parce que la concertation avec les forestiers privés a été remarquable depuis l’origine du Parc ».

Le lendemain Gérard Gautier était invité à un débat /table ronde organisé par le Conseil Départemental et l’association Forêt Méditerranéenne : « Protéger et valoriser la forêt méditerranéenne pour en faire un modèle en matière d’adaptation et de lutte contre le changement climatique ». « On m’a longuement laissé parler, j’ai présenté la forêt française et méditerranéenne, les aléas qui frappent nos massifs, rappelé que la forêt gérée par des propriétaires privés n’est pas un bien commun, mais un bien d’intérêt général qui donne des droits et des devoirs aux forestiers privés ».

À l’issue du congrès, Gérard Gautier reste globalement sur sa faim. Il aurait souhaité que la Forêt Privée Française et son immense biodiversité soit plus présente lors de cet événement exceptionnel.

[1] Union international pour la conservation de la nature.

Région Sud-PACA : La demande de bois sur pied explose ?

Divine surprise. Si l’on en croit l’article de Bernard Reyrat paru le n°646 de Forêts de France (septembre 2021) nous vivons en région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur une forte reprise de la demande de bois, avec, à la clé, une très sensible augmentation du prix de nos bois sur pied.

Ainsi, en un an et demi le prix moyen par m3 (sur écorce) relevé lors des ventes publiques de l’ONF est passé pour le pin d’Alep de 12-19 € à 16-20 € et, pour les taillis de chêne de 12-25 € à 15-35 €.

Le tableau suivant nous impose cependant de rester prudents Il est annoté « Soure : Bernard Reyrat, informations non contractuelles n’engageant ni leur auteur ni Forêts de France »,

Dans une interview publiée dans le même numéro de la revue, Nathalie Triboulet, récemment nommée à la tête du tout nouveau Syndicat Provence-Alpes de la Fédération nationale du bois,(FNB) qui a succédé au Syndicat des Exploitants et des Scieurs Alpes-Méditerranée (Sefsam) anciennement présidé par Jean-Louis Marsande qui vient de partir à la retraite, explique cette relance notamment parce que, suite aux difficultés de l’usine fibre excellence de Tarascon, les exploitants forestiers avaient vécu sur leurs stocks qu’il leur fallait désormais reconstituer.

SYSSO : Coupe Rase, Biodiversité et Paysage, Demain il sera trop tard

Lors de l’Assemblée Générale du SYSSO (Syndicat des Sylviculteurs du Sud-Ouest) qui s’est tenue à Morcenx-la-Nouvelle le 17 septembre 2021, son président, VIncent Dorlanne, n’a pas mâché ses mots.

Son rapport moral est plus qu’un coup de gueule, c’est un discours politique étayé qui devant la gravité des menaces que la société civile est en train de faire peser sur le devenir de la gestion de la forêt privée, avec la complicité insidieuse des délégations régionales du CNPF à l’occasion des révisions des Schémas Régionaux de Gestion Sylvicoles (SRGS), doit mobiliser l’ensemble des propriétaires forestiers pour résister à la main-mise des ONG et autres sectes vertes sur la gestion d’un patrimoine qui ne leur appartient pas.

Voir le compte-rendu de Press-Lib.com en cliquant ici

Mais trêve de bla-bla, son texte de 12 pages est suffisamment éloquent :

2021 09 17 Rapport moral Président Syssso

 

 

Notre-Dame de Paris : Les chênes sont en scierie

Qui a oublié cette soirée dramatique du 16 avril 2019 ?

Notre-Dame de Paris en feu, sa flèche qui s’écroule et sa charpente « la forêt ») détruite.

3 jours plus tard, le 18, l”ensemble de la filière Bois-Forêt annonce sa mobilisation pour fournir le bois et les sciages nécessaires à la reconstitution de l’édifice sous forme de mécénat.

En juillet 2020, la Commission nationale du Patrimoine et de l’architecture décide de reconstruire la flèche à l’identique, ce qui est confirmé par le Président de la République,

Où en est-on aujourd’hui (septembre 2021) ?

Les travaux de sécurisation et de consolidation débutés dès le 16 avril 2019, ont été menés à bonne fin conformément au calendrier fixé. La cathédrale est désormais entièrement sécurisée.

  • Janvier/février 2021 : Reconnaissance et identification des bois (pour la flèche et les travées adjacentes) en forêt en fonction du premier cahier des charges communiqué par les architectes des monuments historiques (maîtres d’ouvrages) et l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris (maître d’œuvre)  à France Bois Forêt,
  • Juin 2021 : Envoi à France Bois Forêt par les maîtres d’ouvrages du cahier des charges définitif et affectation, en fonction des débits attendus, des grumes auprès de 40 scieries volontaires,

Seulement 2000 chênes,âgés de 80 à 150 ans seront nécessaires

  • La réalisation de la flèche et des travées adjacentes nécessite environ un millier de chênes (2.500 m3), soit 0,1 % de la récolte annuelle française de chênes.
  • Certains débits attendus sont de dimensions modestes (10 x 10 cm sur 2.5 m), d’autres sont beaucoup plus imposants (jusqu’à 18 m de long pour une section de 40 x 36 cm),
  • La réalisation de la charpente de la nef et du chœur nécessite elle aussi environ un autre millier de chênes (1.500 m3).

Ces 2.000 chênes proviendront pour moitié de forêts publiques et pour moitié de forêts privées,.

Déjà 1.253 grumes avaient été abattus en mars 2021 dans l’ensemble des régions françaises pour la flèche et les travées adjacentes. Cela est légèrement supérieur au volume nécessaire et permettra ainsi de parer à toute éventualité et de disposer dès maintenant de grumes pour le reste de la charpente,

86% des grumes sont certifiées dont 81% sont certifiés PEFC. Les autres provenant de petites forêts qui ne disposent donc pas forcément de Plan Simple de Gestion,

Et maintenant ?

À mi-septembre, plus de 60% des grumes ont été acheminées en scieries et la totalité le sera d’ici fin septembre, Les scieurs sont à pied d’œuvre et ont commencé à réaliser les débits, cette opération devant s’achever d’ici fin octobre,

Les débits vont ensuite ressuyer pendant près de 12 mois à l’air libre ou en séchoir avant d’être acheminés chez les charpentiers fin 2022 début 2023.