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Il est dommage que l’emploi des termes « prévention » et « défense des forêts contre l’incendie » prête autant à confusion suivant qu’on se place du côté de l’État régalien ou du côté de la société civile.
Pour l’État, la prévention du risque incendie de forêt distingue trois actions qui sont complémentaires :
- La défense de la forêt contre l’incendie, pilotée par le ministère en charge de l’agriculture, qui repose sur une politique globale d’aménagement et d’entretien de l’espace rural et forestier, vise principalement à limiter le développement des incendies dans les massifs forestiers. Elle met en œuvre les outils de programmation, d’aménagement et d’entretien des massifs, issus du code forestier.
- La prévention proprement dite, notamment à travers la maîtrise de l’urbanisation. La maîtrise de l’occupation des sols est une composante majeure des politiques de prévention des risques incendie de forêt. Les documents d’urbanisme tels que les schémas de cohérence territoriale (SCoT), les plans locaux d’urbanisme (PLU) et les cartes communales ont vocation à participer à la mise en œuvre des politiques de prévention des risques. Ils permettent la réduction de l’exposition des personnes et des biens.
- Le porter-à-connaissance (PAC), au sens de l’article L121-2 du code de l’urbanisme, est une obligation située en amont de la démarche de planification. Par son biais, les services de l’État rappellent les dispositions législatives, réglementaires et les servitudes en vigueur. Ils communiquent les documents techniques ou études participant à la connaissance des phénomènes.
Pour la société civile, les citoyens, les élus, les collectivités et toutes les organisations qui contribuent de près ou de loin à la protection de l’environnement naturel et forestier, au risque de répéter ce que j’ai écrit page 148, la DFCI c’est tout ce qu’on fait (ou devrait faire) pour que le feu ne se déclare pas et pour faciliter la lutte et la protection des biens et des personnes, pompiers inclus, quand il s’est déclaré.
La Défense des Forêts Contre l’Incendie
La politique DFCI de l’État met en œuvre les outils de programmation, d’aménagement et d’entretien des massifs, issus du code forestier, notamment les plans de protection de la forêt contre l’incendie (PPFCI) établis à l’échelle de la région (PRPFCI) ou du département (PDPFCI) qui sont la « bible » régionale ou départementale sur le sujet.
D’autres plans à des échelles plus fines peuvent compléter ce dispositif :
- Les PMPFCI (plans de massif pour la protection des forêts contre les incendies) en déclinent les points essentiels à l’échelle d’un massif. Ils nécessitent une démarche collective des communes partageant le même massif forestier.
- Les PIDAF (Plans intercommunaux de débroussaillement et d’aménagement forestier) ont pour objet de planifier les équipements et aménagements d’un massif forestier sur une période de 10 ans, afin de :
- prévenir les incendies (information, détection),
- ralentir leur progression (débroussaillement, sylviculture),
- favoriser les actions de lutte (coupures de combustible, création, entretien et sécurisation des accès et des pistes spécialisées [1], création de points d’eau).
- Les PPRIF (Plans de prévention des risques d’incendie de forêt) qui peuvent être prescrits par le préfet, définissent des zones dans lesquelles les constructions sont interdites ou soumises à des prescriptions et à des mesures de prévention et s’imposent aux documents d’urbanisme auxquels ils sont annexés.
Par exemple, le PDPFCI du Var a été publié par le préfet le 29 décembre 2008.

Le Plan Départemental de Protection des Forêts Contre les Incendies du Var
Sa version initiale a été prorogée jusqu’au 31 décembre 2018, mais, sauf erreur, était toujours en vigueur en 2022.
Les quatre objectifs stratégiques de ce plan, d’où découle la doctrine officielle, ne sont pas une innovation fracassante (dix ans plus tard, on les retrouve à l’identique dans le dispositif « Guerre du feu » du Conseil régional de la région Sud) :
- Empêcher les feux (prévention)
- Maîtriser l’éclosion au stade initial (feux naissants)
- Limiter les développements catastrophiques (lutte)
- Réhabiliter les espaces incendiés (reconstruction)
« Mieux vaut prévenir que guérir »

Les actions de prévention principales portent sur :
- L’information du public et des professionnels (FdF-311)
- L’emploi du feu (FdF-312)
- La pénétration dans les massifs (FdF-313)
- Les Obligations Légales de Débroussaillement (FdF-314)
- Les Plans de Prévention du Risque Incendie de Forêt (FdF-315)
- La surveillance des massifs (FdF-316)
- Les ouvrages et les pistes DFCI (FdF-317)
- La DECI ou Défense Extérieure Contre les Incendies (FdF-318) qui concerne les interfaces directes entre habitat et forêt.
Ces huit sections, qu’il est conseillé de parcourir dans l’ordre, sont complétées par un exemple qui peut servir de cas d’école (FdF-319).
[1] Les pistes DFCI sont des voies spécialisées non ouvertes à la circulation publique. Elles sont exclusivement réservées à la circulation des services bénéficiaires et aux propriétaires des fonds et à leurs ayants droit, sous réserve pour ces derniers de ne pas gêner l’affectation de la voie.